La session 2014 des Semaines sociales de France, organisée à Lille fin novembre dans les locaux de l'Institut Catholique, a abordé un thème transversal qui rejoint tous les domaines de l'activité humaine : L'homme et les technosciences : le défi. Un groupe des Alpes-Maritimes appartenant à l'antenne régionale Sesam (Semaines sociales des Alpes Maritimes) s'est retrouvé sur place, tandis que d'autres suivaient les échanges par la Wikiradio ; dans la suite de la session, très vite, des échanges ont eu lieu à Nice avec les étudiants de la Bougie, et à Saint Laurent du Var pour une soirée conviviale ouverte à tous.
Sommes-nous en train d'entrer dans un nouveau monde ? Lequel ? Voilà l'interrogation que cette session voulait poser, préparée en collaboration avec l'Institut Catholique de Lille à travers notamment son directeur président : Pierre Giorgini est l'auteur d'un ouvrage « La transition fulgurante » dont les analyses ont fourni la toile de fond des rencontres.
Le phénomène de mutation actuel est d'une ampleur inégalée avec le champ multidisciplinaire des NBIC ; on emploie parfois la notion de « grande convergence » pour souligner l'interconnexion croissante entre l'infiniment petit (les Nanotechnologies), la fabrication du vivant (les Biotechnologies), les machines pensantes (ou Intelligence artificielle) et l'étude du cerveau humain (avec les sciences Cognitives).
On ne s'étonnera pas que les échanges aient pu constamment fluctuer entre deux types de vision. La technique est neutre, c'est un outil comme un autre, charge à l'homme de l'utiliser à bon escient pour des causes nobles comme la médecine ; ou bien avec plus de réserve, on dira que la technique imprègne désormais notre monde ambiant, notre contexte quotidien, sans que nous en ayons pris conscience, elle modifie désormais considérablement notre « humanité ». Par exemple, le numérique produit une accélération de la relation au temps et une modification de notre rapport au monde. On constate aussi que la vie au temps du numérique, notamment via Internet, produit un double mouvement d'universalisation, d'uniformisation avec en parallèle une fragmentation, une parcellisation.
