Un lieu d’Eglise pour des personnes en fragilité psychique
Dans les locaux de l’église de Sainte Rita, à Nice un mercredi par mois
L’initiative « Graines de Lumière » est portée par SESAM, en collaboration avec le Secours Catholique
Entre novembre 2015 et mars 2016, un groupe de travail s’est réuni dans le cadre de la Pastorale de la santé. Il s’agissait de réfléchir sur les situations et les besoins de personnes en difficultés psychiques rencontrées lors d’un séjour hospitalier ou en postcure ; le repérage de besoins spécifiques pour ces patients fragiles avait été fait par un diacre et des laïcs chargés de pastorale.
Guy Berthier, aumônier de l’hôpital Sainte Marie, faisait état de demandes diverses et de nature différente : « Parmi les personnes hospitalisées en psychiatrie qui bénéficient d’un accueil et d’un accompagnement spirituel durant leur séjour, certaines, après leur sortie, se présentent à l’accueil de l’aumônerie ou reviennent à la célébration du dimanche à Sainte Marie. Cela peut se passer quelquefois à distance, quelques mois après ».
Marie-Hélène Brix, responsable de l’aumônerie de l’hôpital Pasteur, partageait une préoccupation très proche : « Des patients suivis en psychiatrie à Pasteur ou en cancérologie à Lacassagne sont accompagnés par l’aumônerie durant leurs différents séjours mais ont du mal à se repérer dans l’église de leur quartier. Mais nous savons que certains lieux d’église sont particulièrement sensibles à la pastorale de ces personnes fragiles, et cette dimension est à encourager. »
Une conviction nous a constamment animés : la communauté ecclésiale, réunie autour des personnes fragiles et vulnérables y trouve pleinement son sens et son épanouissement, comme c’est le cas par exemple lors du pèlerinage diocésain à Lourdes. Un enjeu important est l’accueil bienveillant de formes de dévotion ou de vie spirituelle à l’expression inhabituelle ; la dimension de la liturgie est donc capitale.
Après plusieurs rencontres, l’idée d’un lieu d’accueil privilégié pour ces personnes a émergé. Il ne s’agissait pas de créer une niche, mais plutôt un lieu relais, favorisant l’intégration dans une communauté paroissiale ou dans un mouvement. La possibilité de personnes relais dans les communautés locales pour veiller à ces personnes serait à approfondir en s’inspirant de ce qui existe ou a pu exister sur notre diocèse. Ainsi, dans certaines communautés, des familles sont particulièrement attentives aux prêtres âgés ou fragiles qui ont besoin d’un soutien fraternel ; ces prêtres le trouvent auprès de ces couples, par exemple sous la forme de repas conviviaux, et peuvent évoquer leurs préoccupations ou simplement parler d’eux-mêmes. Un tel « dispositif » a pu être mis en place sur le diocèse pour l’attention aux personnes handicapés ; des veilleurs percevaient des besoins, les relayaient auprès des catéchistes relais puis de la responsable de la KTPA et le contact se faisait. C’est ainsi que sur certaines communautés, les groupes de KTPA se constituaient un peu plus facilement.
Pour notre souci des personnes en fragilité psychique, la communauté de Sainte Rita est repérée comme un lieu possible : accueil spirituel, salles de réunion disponibles, eucharisties quotidiennes… Le père Patrice Véraquin, contacté, s’intéresse à ce projet qui croise le charisme de la communauté de Sainte Rita ; il nous réserve un bel accueil. Une grande salle de réunion est mise à notre disposition et les premières rencontres sont lancées dès mars 2015.
Désormais, un mercredi par mois à 14h30 nous nous réunissons autour de la foi chrétienne et de la Parole de Dieu savourée de multiples façons : lecture soigneuse avec des outils de compréhension, échanges, approfondissement avec les récitatifs bibliques, la Dynamique Naturelle de la Parole catéchétique, traversée d’une iconographie, etc. Mille et une façons d’ouvrir les Ecritures ! La rencontre débouche toujours sur un temps de célébration intense où la prière de chacun est partagée par tous. Pour ceux qui le désirent, l’eucharistie est célébrée à 16h30.
Nous avons accueilli des personnes croisées en aumônerie ou en maison relais (où Susan Crulli, membre du groupe, a eu un rôle d’accompagnement auprès de personnes en précarité sociale et psychique). D’autres sont envoyées par les prêtres de Sainte Rita auprès de qui ils bénéficient d’un accompagnement spirituel.
Le nom du groupe « Graines de lumières » est né des membres eux-mêmes, après un certain nombre de rencontres.
Au fil des mois, nous sommes touchés par la vérité des échanges. Ces personnes évoquent avec une grande simplicité leur pathologie et la façon dont elles traversent leur existence avec la maladie. Elles expriment avec sensibilité des pans infiniment précieux de leur vie spirituelle. Nous avons par exemple échangé sur la vie de prière avec quelques passages de ce petit joyau de Maurice Bellet : « 17 manières de prier sans en avoir l’air ». Quelle joie d’écouter les résonances multiples mais toujours très intimes à l’évocation de ce texte !
Désormais, il nous semble important de faire connaître ce lieu pour que puissent être invitées des personnes en fragilité psychique. Un flyer est à l’étude. Mais dès à présent, notre désir est d’ouvrir encore plus largement le groupe « Graines de lumières ».
Contact et renseignements au 07 77 92 49 37.
L’équipe d’animation de « Graines de lumière » :
Guy Berthier (aumônerie de l’hôpital sainte Marie), Marie Hélène Brix (aumônerie de l’hôpital Pasteur), Susan Crulli (animatrice de groupes bibliques sur le diocèse), Françoise Lavirotte Philip (présidente de SESAM).
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